Se considérer être en un régime de médiacratie explique pas mal de choses sur la construction et la gestion des affaires publiques.Qui plus il n'est pas abusé de parler de médiacratie puisque les politiques eux-mêmes avouent créer des lois après l'émotion créée par tel ou tel sujet traîté en quantité par le microcosme journalistique, et politique. Or les lois nous gouvernent. Et si on les viole, la force publique, seule violence légale, nous remet en principe au pas. Le média ne sert plus seulement à se faire élire, il sert à gouverner.
Ce n'est pas abuser encore puisque ce terme regroupe les 4 pouvoirs réunifiés et que les contre-pouvoirs en France sont législativement quasi-impuissants.
Ce n'est pas abuser non plus puisqu'on légitime ou illégitime tel ou tel évènement par ce qu'on appelle, terme de guerre, des stratégies de communication. Toujours deux phases : Le diagnostic, et le traitement. Et le médiacratique déforme le contenu véritaire de ces 2 phases, et le passage du premier au deuxième. Si l'on veut comprendre un atome des actes de la politique française actuelle, il suffit de se mettre dans la peau d'un bonimenteur qui écraserait les arguments de la concurrence en les devançant, et raconterait ses propres salades avec un bel emballage, en occultant ce qui gène, tant au niveau du diagnostic que du traitement, et le passage du premier au deuxième, pour comprendre l'arnaque intellectuelle qui se joue en permanence sous nos yeux et nos oreilles. La seule logique de ce qu'on voit est celle-ci.
Le très élaboré art de la guerre de Sun-Tsu est applicable au médiacratique, il le fut contre Ségolène Royal, directement cité par le député Pierre Lelouche durant la campagne présidentielle, et la guerre est une extension potentielle du politique en certaines circonstances, selon l'adage classique de Clausewitz.
Je nous déclare donc officiellement en médiacratie.

En terme de bras séculaire, la médiacratie vomissant les informations pour mieux oublier et déformer celles qui gènent, finit par créer un Alzheimer collectif, en tout cas au niveau médiatique. Le médiacratique tend à se faire passer, en plus d'un pouvoir, pour le reflet de la conscience collective, d'une part, et une réalité d'autre part. Il n'est pourtant qu'une représentation, une mise en scène, une fiction. Et qui plus est donc, qui n'a pas de mémoire, qui tend à faire oublier au peuple les origines historiques et rationnelles de son indiscutable et pourtant désormais discutée, suprématie.


Dans ce système médiacratique, tout est question de point de vue, et de manière de raconter. C'est très subtil, ça demande beaucoup d'attention, de sens critique affûté, un "sous-sol" assez riche de connaissances, et une volonté infatigable, car toujours dépassée par l'ampleur informationnelle, de vouloir connaître le vrai.

Fomecblot.