Pris ici : http://fr.news.yahoo.com/afp/20081005/tfr-usa-banque-finance-ue-prev-f56f567.html

 

PARIS (AFP) - Les dirigeants des quatre grandes économies européennes ont tenté de rétablir la confiance au cours d'un mini-sommet à Paris sur la crise financière, mais la banque allemande Hypo Real Estate luttait toujours pour sa survie dimanche après l'échec de son plan de sauvetage.

Apparues divisées ces derniers jours, la France, l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne se sont engagées samedi à agir ensemble pour protéger leurs banques en difficulté et tenter de réformer l'architecture financière mondiale.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a estimé dimanche que les décisions prises constituaient "une réponse coordonnée à une situation très grave", reconnaissant toutefois que les Européens n'avaient pas "la même unité que les Américains".

Chaque pays doit "prendre ses responsabilités au niveau national" mais sans porter atteinte aux intérêts des autres Etats européens, a souligné samedi la chancelière allemande Angela Merkel.

D'autres voix ont plaidé dimanche en faveur de davantage de coordination à l'échelle continentale.

Le ministre espagnol de l'Economie, Pedro Solbes, a estimé que la solution à la crise devait être "européenne" et non "nationale". Le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, a pour sa part demandé que les conclusions du mini-sommet de Paris soient débattues par tous les Etats membres de l'Union européenne.

Le président français Nicolas Sarkozy, Mme Merkel et les Premiers ministres britannique Gordon Brown et italien Silvio Berlusconi ont souhaité l'organisation d'un sommet international sur la crise "le plus tôt possible".

M. Sarkozy, président en exercice de l'UE, a par ailleurs jugé que "la Commission européenne devrait faire preuve de flexibilité dans l'application des règles en matière d'aide d'Etat aux entreprises, comme dans les principes du marché unique".

Plusieurs banques dans différents pays européens ont dû être renflouées avec de l'argent public, voire nationalisées, ce qui peut constituer une entorse aux règles européennes sur la concurrence.

Le président français a aussi relevé que "l'application du pacte de stabilité" (qui prévoit des critères stricts de dette et de déficit pour les pays de la zone euro), "devrait refléter les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons".

Un point encore sujet à débat: le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a affirmé que le pacte devait être respecté "dans son intégralité". M. Barroso a jugé, dans le quotidien français Le Parisien daté de dimanche, qu'il appartenait aux ministres européens des Finances d'accepter "au cas par cas des ajustements".

Alors que les dirigeants européens tentaient de rassurer les marchés, la banque allemande Hypo Real Estate jouait sa survie, après l'échec de son plan de sauvetage de 35 milliards d'euros.

Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, a estimé dimanche que le manque de liquidités de la banque atteignait "des milliards d'euros". Angela Merkel affirmait pour sa part que son gouvernement travaillait "d'arrache-pied" pour la sauver et éviter "une crise de tout le système".

Le gouvernement allemand a décidé par ailleurs d'apporter la garantie de l'Etat pour tous les dépôts d'épargne de particuliers.

Pour le deuxième week-end consécutif, les gouvernements belge et luxembourgeois étaient à nouveau dimanche au chevet d'un autre groupe menacé, le bancassureur Fortis, dont les activités néerlandaises ont été nationalisées par La Haye.

Le ministre luxembourgeois de l'Economie Jeannot Krecké a confirmé à la radio RTL que la banque française BNP Paribas était un repreneur possible pour le reste du groupe.

"Les négociations sont toujours en cours avec des contacts avec plusieurs groupes privés", a déclaré à la télévision belge le Premier ministre belge Yves Leterme.

Aux Etats-Unis, la banque américaine Citigroup a annoncé avoir obtenu en référé de la justice new-yorkaise le gel de la fusion de ses concurrentes Wachovia et Wells Fargo, preuve que la bagarre continue pour la reprise de la quatrième banque américaine.

Après l'adoption du "plan Paulson" de sauvetage du secteur bancaire américain, évalué à 700 milliards de dollars, le président Bush a averti samedi qu'il ne produirait pas immédiatement les effets escomptés.

Les marchés boursiers des monarchies pétrolières du Golfe, qui ont repris leurs activités dimanche après une semaine de pause pour marquer la fin du ramadan, ont d'ailleurs enregistré de fortes chutes.