Après une modeste vingtaine d'années dans un bain bouillonnant d'idées et de conceptions fixes, mouvantes, renversées, nouvelles, insoupçonnées sur mille et un sujets concernant le monde, les êtres, soi-même et tout un tas de concepts construits, traditionnels et/ou fortuits, c'est étrange mais... il y a un fond borné qui n'a pas cédé, il s'est juste habillé/deshabillé de ces milliers et milliers de peaux sus évoquées. On pourrait résumer ce fond inamovible par une sorte de "hey... cooool, man", comme les rastas ou les hippies d'hier et d'aujourd'hui. Je suis juste un peu moins dupe, un peu moins radical, un peu plus compromis, mille fois vaincu mais mille fois remis sur pieds, mille et une fois transformé... à part ce hey... cooool man... l'erreur serait de se croire incoulable, mais quand même, quelle belle résistance face à tout ce merdier pris en pleine gueule, les mains vides à la luke la main froide et mon cool man au fond de l'âme. Les lames de fond qui m'ont psychologiquement bouleversé, cassé, foutu dans un désarroi parfois si étrange qu'il m'a laissé voir la forme de ma solitude, ne m'ont pas anéanti. Le système économique lui-même, qui m'a vu entrer en lui en pleine crise en 93,  sans diplome, sans expérience, sans relations, et encerclé de proches qui ne rêvaient pas, lui-même n'a pas pu faire autrement que de me sauver du rien, par je ne sais quel tour de passe-passe de la haute sphère au delà des hautes sphères. Je n'ai pas touché le fond matériel ( D'ailleurs c'est peut-être un tort pour comprendre les gens, mais c'est un bon indicateur de route assez bien suivie). Et le fond de ce que je suis je l'ai vu, c'est le refus de n'être qu'un simple poids, de simple os pesants de par la gravité, et attirés vers le bas centre de la sphère planétaire, sol qui s'est modelé lui-même pour donner moi, ici, maintenant, dans ce contexte-là, vivant pour l'écrire... Il y a des fois, limites, regrettables, mais aussi vitales qu'une légitime défense, il y a des fois où nous sommes plus que rien d'autre qu'un simple refus. Il est possible qu'une simple vision des choses, une énième façon de voir un sempiternel problème résolve pour partie ce problème, entraînant ainsi vers des solutions de plus en plus efficaces, mais... cette énième vision des choses est le plus souvent un vide, un ras-le-bol instinctif ou circonstanciel, ce qu'on appelle le lâcher-prise, du genre un "oh et puis merde rien à foutre" passager, plus ou moins vif et qui, niant l'espace d'un instant inespéré ce qui oppresse en permanence depuis si longtemps se voit soudainement mis en perspective, isolé, conscientisé, objectivé, et au bout du compte... vincible par simple abandon.

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Et je finirai là-dessus, c'est une bonne fin :)