Il est arrivé comme une bombe. Elle le vit débarquer presque devant elle, à une trentaine de mètres, speedé, affolé, en guerre, sale, armé jusqu'à l'intérieur du corps. Il avait jailli ex nihilo d'un coin de l'espace-temps. Ce n'est pas possible bien sûr, mais pourtant il était bien là, et il abaissa net son arme devant ce qui était probablement un nouveau décor pour lui.

Elle était affalée à 2h du matin sur un canapé improbablement placé là, au milieu d'une rue de la capitale, saoule, avec une amie, une énième cigarette de lassitude à la main... Il s'avança vers elle, directement, en regardant autour de lui. Il n'y avait qu'eux, orangés par les lumières. Il lui parla en une langue qui n'était ni le français, ni l'anglais, ni l'espagnol, ni l'italien, ni l'allemand, et elle se dit l'espace d'un éclair de lucidité retrouvée par la bizarrerie de la situation qu'il était plutôt mignon. Il était complètement perdu et il répéta plusieurs fois d'une voix forte la même chose, probablement où il était : elle répondit... "Paris..." en roulant instinctivement le r, en prononçant le s, comme un russe l'aurait fait... ce qui la surprit beaucoup car elle ne parlait jamais comme ça...

Il répéta... "Paris...", incrédule, sonné... avec le même accent...