Les hommes politiques ne sont pas des produits.
Le parti politique est un distributeur,
l'homme politique est une marque,
et les idées politiques sont des produits.
( Franck Tapiro )

 

J'ai dû oublier qqch en route, la spontanéité peut-être : l'improvisation sauvage ne se fait plus... Même dire pourquoi me... pose... fait froncer les soucils... Une sorte de vain... invincible... de... d'aporie miraculeusement réalisée, qui passe... fuit... disparaît...

Léo Ferré disait... je lance des mots, comme des grenades dans la foule... j'ai eu cette impression... j'ai lancé mes grenades... mais je crois que j'avais rien mis dedans parce que ça m'a pas explosé à la gueule en retour... rien de publiquement... explosible disons... rien d'explosif dans l'attention publique dévolue à l'instant.

L'attention publique à l'instant qui passe... aux instants, aux instances... qui passent... Alors que... comme disait Soma il y a longtemps, "le net a des yeux", et derrière les yeux, une pensée, plus ou moins artificielle... plus ou moins venimeuse... et cette pensée elle-même, oublie... j'ai des notes ici, que googolito ne voit plus... faut peut-être pas le dire, c'est peut-être très bien comme ça... passer publiquement inaperçu, c'est encore être  l  i  b  r  e ...

Quand je lisais Psychologie des foules, de Le Bon, je voyais la foule comme un ectoplasme, sorte de matière molle informe, dans laquelle les dictateurs et dirigeants de toutes natures mettaient des fils électriques, y insufflaient des discours... binaires... ( binaire, manichéen, sur le fond ces mots ont un sens si proche ) et puis l'ectoplasme réagissait, et disait... OUI ! ... NON ! ... à n'importe quelle connerie... à n'importe quel vent d'humeur du moment... retournable comme une crêpe avec un autre stimulus électrique, inversé...

...

 

Je vois les 2 journaux nationaux, je les vois acquis à la cause du pouvoir. Même la 2 : Il faut voir Françoise Laborde annoncer comme une groupie le fait que le   de mes couilles a donné le dernier cd de la pouffiasse de gauche aux ministres en plein conseil... pardonnez mon langage, il y a des jours où l'insulte est un euphémisme. Il faut voir madame Laborde, avec sa bonne tête sympa, passer sous silence le ministre du budget Woerth qui annonce l'impossibilité pour le gouvernement de régler le problème de la dette, et donc les mesures drastiques qui vont s'ensuivre, et le renoncement aux promesses électorales, tant de fois annoncées comme tenues... Il faut voir les médias ( un petit mot pour une énorme industrie qui fait vivre tant de gens et de famille sympas de la vie de tous les jours ) se passionner pour l'extraordinaire pays qu'est la Chine tout à coup... On critique l'aveuglement des chinois pro-gouvernementaux, mais le symbole d'un libéralisme capitaliste à genoux devant le communisme, qui tient par ailleurs les USA par les couilles en lui rachetant massivement son énorme dette publique, ne les gène pas le moins du monde. Rien à foutre des symboles, rien à foutre de rien tant que la thune s'engrange, et que le pouvoir continue... Je crois que la cervelle de ces gens-là ne vaut pas mieux que l'ectoplasme des foules...

Depuis qu'il a été élu, n'étant pas d'accord avec le fait, je me retrouve contre l'élite, et contre le peuple. Les quelques mois qui ont passé ont vu nombre de médias se mettre à plat ventre, pour sauver les meubles sans doute, jusqu'à voir un Philippe Val un peu trop gentil avec l'ennemi... et voir la gauche se tirer comme toujours une balle dans le pied ( Charlie Hebdo se divise, sa réputation est entâchée, il vend moins ) pour faire les beaux jours de la presse de droite...

Il n'y a qu'un salut en des temps troublés où tout se mélange, où l'esprit a besoin de distinguer pour comprendre, ( Jésus lui-même a dit que Dieu se trouvait dans le discernement ), le seul salut c'est l'objectivité. Le seul salut c'est le respect de la pensée. Ça a toujours été comme ça. Celui qui ne respecte pas cette règle est comme celui qui pollue son air : suicidaire. Or, suprême propension générale à crever : la masse informationnelle devient... ectoplasmique... L'objectivité ne peut plus vraiment se faire, il y a trop, et ce trop est parcellaire, déformé, déformable à volonté par n'importe qui... y compris les blogueurs... ce qui exclue en principe le net et le virtuel de prendre une  part légitime aux décisions concernant la réalité.

Je ne me fie plus qu'à moi-même, à mon ressenti intuitif du moment. Je navigue à vue. J'essaie de faire au mieux en respectant ceci, en ménageant cela... l'anarchisme individualiste réalisé... le pire qui soit... le seul qui vaille au vu des circonstances, semble-t-il...

Pourtant... il y a une manière de demander de l'aide, qui crée encore la solidarité... c'est un mélange de rationalité fondée, et de digne désarroi... Il est possible et probable que cela aussi soit imitable par les arts, puis par les médias, que cela finisse par entrer dans la communication publique et politique, et devienne suffisamment croyable pour encore faire élire des gros cons, pour l'éternité.

Il y a aussi le fait de se plonger dans ce dont tout le monde se fout. Comme certains livres plus ou moins anciens, peu connus ou tendant vers l'oubli, que l'on croit vains parce que non situés dans la zone de la communication publique : l'instant et l'audience... Ce qui compte c'est un esprit qui fonctionne... qu'il soit dans la douleur de ne pas trouver son bonheur, autrement dit le vrai, est regrettable mais non principal : l'important est qu'il cherche, qu'il s'exerce, qu'il fasse son possible... il aura gain de cause...

Voilà... mon possible...