Le cimetière du web est l'endroit où les sites sont à l'abandon, ou, peu visités.

Le présent site que vous êtes en train de lire, et qui est le plus fourni que j'ai pu faire ( plus de 1100 notes, comme quoi j'ai quand même pas mal donné ) , a peut-être, un jour ou deux ( en bientôt 4 ans d'existence ), dépassé ce stade du cimetière. Rassurez-vous, je m'en veux encore d'avoir un jour été aussi visible :)

Heureusement, je suis un indécrottable du cimetière. La concession à perpétuité est tellement pour moi que ce site pourrait disparaître que ça n'aurait aucune importance pour qui que ce soit ( et même moi des fois je me demande ). Le plus fort, récemment, c'est quand je vois où les instruments de mesure de mon inimportance, tels que google ou technorati, me situent . J'ai publié régulièrement, plusieurs semaines, des articles plus ou moins longs. Des blogs bien moins fournis, bien moins vieux, non alimentés depuis des mois, sont plus côtés que moi, et haut la main. Donc là, mon inintérêt est scientifiquement ( lol ) prouvé.

Je suis tellement sans importance que quand je blasphème, vous pouvez être sûr que la charia ne me voit pas. Et je blasphème pas mal, je m'en suis rendu compte l'autre jour, après avoir dit que Dieu et la religion aillent se faire enculer, et que le blasphème était légal en France ( ce qui n'est pas tout à fait vrai : cf l'article wikipédia sur ce mot ) devant des croyants modérés. Je l'ai regretté celui-là de blasphème. J'aime bien Jésus. Je respecte la spiritualité, infiniment; je la trouve sublime quand je vois tous ces contemplatifs en position du lotus, ou les pratiquants du vaudou qui entrent en transe, partis dans je ne sais quel état intérieur supra-cosmique; ça me fascine.  En fait je crois que c'est quand ça rend l'homme... comment dire... prisonnier de barreaux abstraits, et qu'il emprisonne, tue, asservit, manipule, en vertu de sa prétendue foi, que je deviens blasphémateur... enfin bref...

( soupir )

Ça me fait sourire maintenant, cet état d'insignifiance. J'avoue que j'ai eu du mal pendant pas mal de temps. On écrit pour être lu, quand on écrit sur un blog que l'on sait publiquement accessible. Il est indéniable que l'on aime se montrer un peu, puisqu'on se montre, et que personne ne nous y force.
Le web est un désert, je ne l'ai pas dit si je ne l'ai pas dit 500 fois déjà, et ce désert, avec son soleil dur et cru qui assèche tout bestiole qui lui passe sous les rayons, ce néant étonnamment froid est une réponse forcément constamment insatisfaisante au désir d'être entendu. Le désir fait souffrir, je n'attends donc plus la reconnaissance. Je trouve un miroir ailleurs, quand je n'ai plus le réseau sous la main : le vent dans les arbres suffit à me fasciner...

Plus que me faire sourire, mon état d'inexistence patentée de longue date devient une fierté par un excès de modestie, sorte d'orgueil inversé. Je trouve en effet méritoire que ce blog s'ingénie et persiste à bouger encore, alors qu'il n'a aucune importance, et aucun intérêt ultérieur ( et même sur l'instant de la publication je me demande ). Je ne sais pas d'où ça vient sincèrement. C'est une manie, sans doute.

Tiens il fait jour... serait-on sortis de la nuit ?...