03/10/08

Les bousiers de l'assiette, la douleur est sans fin, chaque seconde la porte vers la suivante, lancinante en mes oreilles, lancinante en mes oreilles, lancinante en mes oreilles, lancinante en mes oreilles, lancinante en mes oreilles, lancinante en mes oreilles,

Les bousiers de l'assiette, le reverbère du sol, les élans innombrables des arbres vers les nuées changeantes...

Et puis la douleur continue, elle s'arrête, elle reprend, elle reprend, la faim, l'amour, le corps, un corps, un corps, et cent millions de mots, comme cent mille milliards d'étoiles, et plus aucun sens, la douleur me hèle la tête, elle me la CEINT !

Il y a une femme dans la Bible, au moment de l'apocalypse... sa tête est couronnée d'étoiles, elle me parle, pendant que mon troisième oeil dégueule ses visions de nuit dans un lavoir... rêvé, je ne sais pas trop où... Creuse, Lozère... un truc paumé.

La douleur s'apaise, un temps au moins.

La cyclicité des temps est une illusion, ça n'a ni début, ni fin, ni cycle, ni repère, pas naturellement. Juste des nerfs plus ou moins gérés... Une foi insaisissable qui échappe à la raison, au verbe même... C'est d'une violence, d'un crachat à nos humbles natures, d'une désobéissance à nos efforts appliqués... c'est incompréhensible... La réponse à l'orgueil peut-être...

Je continuais ma dérive à travers les conifères et les feuillus indiscernés de mes yeux qui rêvent, rêvent, rêvent, sans cesse, loin de la douleur et des rires.

Teilhard de Chardin, l'auteur préféré de Dalida, a dit, paraît-il " tout ce qui monte converge". Humainement sans doute. Le krach boursier est un krach de la raison. L'intellect n'a pas trouvé mieux que l'électricité et la schématisation résumante de ses actes. C'est une absurdité vis-à-vis de la réalité qui ne supporte pas, qui INTERDIT le résumé. Mais le système économique, la force publique, la répartition des propriétés, la maîtrise du langage, y obéissent tous. C'est comme ça. Tout converge vers l'automate et la soupe fade et refroidie de la connaissance déjà arpentée par des inconnus, en tout cas pas soi. L'automatisation déconnecte l'individu de lui-même. On parle de lien social défait alors que le lien de l'être avec sa propre conscience est déjà grignoté grignoté grignoté.

Le tout repose sur le rien. Le riche repose sur le pauvre. Le patron repose sur l'ouvrier, qui exécute les ordres. Le spéculateur repose sur le petit porteur, qu'il baise, sans lui dire, tous les matins, toute la journée, par le média. Je crois qu'on pourrait inverser tous les discours de tous les médias qu'on aurait raison, moi inclus ici. La foi, inaccessible, dit des choses à la conscience, qui dit d'autres choses que ce qu'elle entend, qui vient d'autres consciences... Je ne comprends pas comment les fois communiquent. Le sang qui sort des corps est comme inéluctable. Encore que, c'est plutôt une alarme, sans doute. La (pré)destination inéluctable d'un sang qui ne peut que sortir tôt ou tard du corps trouve son sens lorsque finalement la fille-coeur trouve son homme-bite, et accepte que les sangs se mélangent et se créent en elle, un autre sang, fruit des deux autres...

... oui Blue oui... c'est bien... continue...

Je le vois, le marketing, le pré-mâché, je ne peux attaquer personne, toute l'info est faite de gens qui gagnent leur vie en anonnant respectueusement la messe des spins doctors.

La société technicisée repose sur l'énergisation du corps, de l'esprit et de la psychologie sous sa loupe. Par définition. Par définition, car je vois mal les télés montrer des images fixes, de forêts immobiles, seulement remuées par le vent...

Des images fixes... Aujourd'hui j'ai écouté du jazz. La... comment dire... la qualité du son faisait que la musique emplissait l'habitacle de mon véhicule tout en restant EXTERIEURE à moi. L'intrusion pour une fois ne m'hypnotisait pas. Ma conscience pouvait écouter et regarder en même temps, et percevoir deux choses. J'ai l'air d'un abruti en disant ça... okay. Pensez-y à deux fois, surtout les mecs. Le son était différent, en tout cas, j'en suis sûr, car j'en ai été merveilleusement extirpé de mon infatigable vol plané...

Fin d'éjaculat. Amen.