Il arrive qu'ils n'y croient plus :
"A quoi bon ?..." répètent-ils, "A quoi bon ?..."

Vaincues l'une après l'autre, sur des décennies,
Le monolithe ancien qui les tenaient ensemble
S'étant laissé émietter lentement
De celle-ci, puis de celle-ci, puis de celle-ci,
Puis de celle-là, et puis d'une autre encore,
Dans des cycles sans fin, tous pareils, imperturbablement,
Puisque le processus fonctionnait,
Et depuis si longtemps,
Qu'on le savait inscrit dans l'ordre et la nature.
Idéel magma...

Elles étaient innombrables, résistantes, solidaires...
Mais elles furent... poudroyées, toutes, sans exception,
A les en dénuder d'elles-mêmes,
Jusqu'à la flamme qui les tenait vives.
 
Le roc énorme, inné, devint donc sable, fluide.
Une immatérielle ondulatoire palpitait toujours,
Un artifice d'ailleurs inconnu pour lui-même.
Jusqu'à ce qu'il trouve un frère, une soeur, un miroir,
Un identique, qui était devenu,
Bien des époques avant lui,
Ce qu'il pressentait être
Et qu'il n'avait fait que se perdre à se rêver.
Vous savez, cette sorte d'idéal de soi, infus,
Caché dans le spectacle...

Dès lors, à la rencontre de ce jumeau mort-vivant,
La Passion, la Joie, La Vie surtout, la vie, instantanément.

Et puis le silence...
Pour l'étude des yeux...
Il fallait désormais oeuvrer,
Interminablement,
Pour découvrir,
Ce qui ne fut atteint :
L'Être,
L'Être, enfin possible...