MON COEURPS EST UN PAYS


Inspiré, parfois plagié mais pas beaucoup, d'un poème d'Adonis, Mon coeur est un pays
1
Dans ce pays bleu
Avec des cendres de rêve
coulent des tunnels de veines.
Vient l'éveil,
je me lève, le monde est un visage,
je nuis dans un poéme, une fleur en pluie,
l'histoire vacille comme une proie,
l'histoire se fait plus vive

Je descends dans un minaret,
En peuple de feuilles d'automnes, jaunes,
Je suis parti habiter une guitare
dont les cordes saignaient leurs blessures
la vie était un tapis aux marches du palais,
l'histoire une guenille emportée par l'Euphrate,
tout ce que ciel et terre comptent d'oiseaux se chargeaient - changeaient - en fruits murs,
Mon visage est -un- passé au travers du grillage de la rue,
sur des cavaliers en fuite fonçant sur des remparts,
Temps serré contre les hommes comme étouffé - une touffe - de haine
Une immobile mosquée
où derivent la nature et l'espace
où reviennent l'appel et la lumière
Quand je vis Platon
Je me perce à jour, je me dégraffe
une maîtresse, une régisseuse
me parle de la lune de ma chope
qui nait et meurt entre ses jambes
embourbée dans la nuit, dans le ciel constellé collé sur la terre plate.

Le déluge a commencé,
J'ai commencé par une blonde,
l'estuaire partit sodomiser l'invisible :
Sous Bouddah va un chemin, un fleuve,
Une parole peuplée d'arbres.
Un émir inventé par des pas
frissonne dans une boule,
un acteur caché, un grand soufi
va et vient entre les reins d'Allah
il y jouit son néant,
et de retour dans la demeure de la Nuit,
si le soleil vit encore,
nous ignorons ce que ce prophète jaune
qui bouffait un croissant au coin de la rue là-bas
deviendra, dans ces draps qui sourient.

Je vis au fond d'un corridor,
dans la pluie d'une citadelle de cendres
je suis devenu blessure au corps de la citadelle
un nuage sur une terrasse de vent,

Du fond du corridor je hurlais
des trous flous de cristal
à la quintuple frontière du rêve,
de la lèpre solaire, du mutisme
de la pesanteur froide et du corps de l'être humain et humaine...

2
Tu m'as posé une chanson
meurs d'abord pour lécher la blessure des flammes
descends dans mes cendres et va dans quel pays ?
Mon corps est mon pays
Qui es tu donc pour avoir convoyé le galop des étoiles,
planqué dans un roc ?
qui es tu donc pour t'être fait un lit du soleil
et avoir couché dans ta paume ?
le murmure des forêts
vient sonner le tocsin des montagnes
dans le cou d'un nuage
Qui es tu une fois de plus ?
L'esclave des routes, le caillou du cimetière ?
Je suis l'habitude des conquêtes,
le cil d'un espace de chevaux fantômes;
plantes, fleurs -pleurs- , rivières, plaines sont -soin- des chevaux fantomes
les hennissements des blessures
pleines de montagnes aux tentations tourmentées
Quand j'ai lu Pluton

Plus rien ne tient debout !

Avec mes échasses aux bras, j'ai tissé des ailes à la patience
faisant perler -parler- la source dans les miroirs
contre les arbres grimés en jour,
vêtu -vécu- d'un tropique à la fureur du vertige
Et j'ai dit, voilà notre feu qui arrive, l'emblème de notre fraternité
Le temps décharné dans le cou d'un taureau
qui s'amuit devant la prophétie,
ô pauvres du monde, la prophétie est pauvreté
du début à la fin
de l'espace...

L'incandescente Etoile des Questions
en étincelles mauves
me servait -versait- un ouragan de SANG !
A boire dans la chute de mon visage
qui s'effondrait comme le brasier des rêves

Tu as la nostalgie du trou ? Et qui es tu d'abord ?
meurs d'abord : mon sang dérêve

Je suis né dans le trou du cul du monde,
Mon visage a épousé le feu et c'est pourquoi il a cette forme
Une pluie de glaives m'a avachi au sol

Mon visage est un astre, une - pi- oeuvre d'or
morte d'un hasard naturel
pleines de choses inanimées

Tu crois que la télé a baisé la poésie ?
Moi je peins de l'herbe et je lèche le pain de l'enfer

les feuilles mortes ont construit un bouquin
dans un coin du square là bas
Une cité de terreur qui rêve dans la glaise
Avec pour ruine l'abolition du temps
Abolir les ruines, recouvrir le temps,
Au secours du souffle premier,
je Récupére ma flûte
et je change de parole.

Après les cendres de l'Univers
le rêve est la couleur et l'arc de la couleur
il secoue ce temps qui dort dans l'épaisseur du givre,
muet comme un clou flou
qui le verse comme une urine
et l'abandonne au feu, à l'instant bondissant et procédurier,
du germe ordurier des âges et de l'avancée des enfants -

Je me suis lavé les mains de ma vie
j'ai déserté les jours, rouillé dans la putréfaction
glorifié les couilles de l'histoire et de la parole
comme un châle, une chaleur, une absence de symbole

Il y a dans mon sang le cadavre de l'éternité
Un boulier d'expiation trimballé par ma mort
Le glacier d'une civilisation dans les râles de l'agonie

J'ai joui pareil à un fleuve
avec les rivages -ravages- incertains

je suis une source errante

rien d'autre (?)


(Si ça tourne mal je le vire) Bon. J'ose, on verra bien