J'ai pris le train de l'espace-temps
Dans mon fauteuil
C'est un train qui te décompose lentement
qui t'éparpille ailleurs, et...
Dans l'habitacle à coque éphémère d'autres seondes

Tu te déplaces sous forme de nuage énergétique improbabiliste

Le problème c'est que tu n'existes plus nulle part :
ou alors partiellement, tant spatialement et physiquement,
que temporellement, et statistiquement.

Profitant des privilèges des voyages spatio-temporels,
tu perds la propriété d'être toi, Un et unifié.

Ce qui, retourné, te fait dire que l'immobilité te
garantie ta qualité d'être humain.

Dès que tu bouges, tu n'es plus toi.
Tu perds ton intégrité.

Jusqu'à être à nouveau immobile, et à la retrouver.
La nouvelle immobilité, on dirait un programme politique comme ce truc là... le néo-conservatisme (c'est nouveau ! ça va changer ! : c'est ça l'invariant politique; et parfois tu es disposé à le croire et le vouloir, parfois non, parfois tu l'interdis).
Mais c'est plus la même que lors de l'immobilité du début.
Seulement comme tu n'es à ce moment qu'une infime
et imperceptible variation de ce que tu as été,
tu le perçois à peine.

Il te faut parfois quelques milliers de voyages
de ce cycle pour t'apercevoir que... tu n'es plus toi-même.

Tu as été ailleurs, tu as traversé du temps.

Mais tu... n'existe plus.

Tu ne te souviens même plus des voyages parfois.
Et qui tu étais n'est plus d'actualité.
Donc tu t'en fous parfois.
Tu te nies sans t'en souvenir; si si ça arrive à certains.

Qui était cet imbécile qui croyait au merveilleux ?
Qui était cet imbécile qui croyait ?
Qui était cet imbécile qui ne croyait pas ?

Qui es-tu ?

Qui es tué ?

qui a disparu du monde ?
Quel monde annihilais tu ?

Allez va bosser, va.
Va obéir à ton patron pour nourrir ta famille,
va remplir ton frigo pour oublier qui tu es.

Va. Allez ! tu es encore en retard vers cet autre toi, qui sera, peut-être.

Et surtout, continue d'oublier le présent.