L'emploi est différent du travail. C'est une question de répartition des choses à faire entre le nombre de personnes pour le faire.

Le travail est différent du métier. C'est une question d'implication et d'approfondissement dans le champ d'un travail.

 

Mais ce qui caractérise vraiment un travail, c'est le sérieux, et un résultat impératif, et pour cela un effort, voire une douleur.

J'ai mis 15 ans de vie active à comprendre ça. La notion d'impératif étant de mon côté systématiquement rejetée, parce qu'elle était impérative justement. Je ne voyais pas pourquoi s'ingénier à se donner des objectifs autoritaires dont je ne voyais pas l'utilité, dont je ne voyais que le côté destructeur, socialement, et individuellement. En fait l'utilité n'est pas toujours pas vraiment évidente à ce jour, car si le travail permet de résoudre des problèmes vitaux, ils en génèrent d'autres, aussi mortels que les premiers.

Seulement voilà, je crois qu'on en est tous là. Il y a une situation donnée, avec de l'argent, de l'emploi, du travail, des métiers. Et l'individu seul, bien qu'impliqué dans un système, fait ce qu'il peut à son niveau pour le comprendre, l'améliorer, mais surtout y vivre, pour finir par s'y réaliser. Le tout dans un brouillard de valeurs contradictoires, entre la gloire personnelle et le bien commun. La différence entre un objectif de gloire personnelle et un objectif de bien commun, est une question de psychologie, de vision du monde, d'histoire personnelle.

Je crois qu'à la base de toute implication personnelle, pour l'un ou l'autre de ces buts et de ces utilités discutables ou nobles, il y a non pas un libre-arbitre, mais ce qu'on pourrait appeler le consentement de chacun envers telle ou telle chose. Je vois le libre-arbitre comme quelque chose de purement rationnel : on pèse le pour le contre, on analyse, on évalue, etc. Le consentement serait plutôt de l'ordre de l'âme, voire tout simplement de l'humain, une sorte de juge au-dessus des sentiments et des analyses, je dis bien au-dessus du "consortium" sentiments-analyse. Le consentement intime. Pas facile à défricher...