Je recommence prudemment à reprendre goût aux choses... ça faisait longtemps... 6-7 mois, peut-être, conclus sur une violente fièvre de 40°C qui m'a complètement encastré dans le mur, où je vais donc, mais ça s'achève. Peut-être que ça recommencera. Drôle de période... Ça fait du bien, un peu de saveur... Il a fallu virer les 90-95% du magma communicationnel en cours, au moins de ma tête. Je me ferai sans doute encore avoir de temps à autre, le média étant sournoisement insidieux, surtout sur mes proches d'ailleurs. C'est très fragile, ce petit état d'âme qui voit un peu de lumière chaude... Je vais encore aller me faire broyer les idées de la cabèche chez la masse laborieuse HORS DES BUREAUX! et après, creuserons...

Alleluïa

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A un moment, je me suis dit pouvoir écrire une sorte de vie blanche. Sans détail permettant de me caractériser trop précisément. C'est ce passage, écrit il y a peu qui m'en a donné l'idée :

"Hier je roulais dans la ville, j'ai pris une rue inconnue, j'ai roulé roulé, j'étais sur le qui vive, peu assuré. A un moment je m'y suis retrouvé : j'ai reconnu un passage que je prends presque tous les jours, et j'ai dès lors conduit de manière beaucoup plus fluide et assurée. J'ai quand même fait 100 mètres en terrain connu avant de reconnaître, de comprendre où j'étais, tellement je faisais attention à tout, en ce terrain cru inconnu. J'ai franchement senti la différence, dans l'appréhension émotionnelle, entre le décontextualisé, l'inconnu donc, et le contextualisé, mémoriel."

Voilà , c'est blanc : ça baigne dans le rien, c'est-à-dire que ça pourrait se passer dans l'une des quelques millions de villes du monde, mais quelque chose baigne dans le rien. Ça bouge quand même un peu, il y a un atome de vie là-dedans.

Franchement mortuaire, mais je résistais à la bourrasque que je vis et dont je ne peux pas veux pas me prendre la tête à décortiquer pour... soupir... Quand j'ai eu mon coup de fièvre sus mentionné, j'ai cru que j'allais crever. Je n'en suis pas encore complètement remis d'ailleurs.

J'ai dû mûrir un peu, il me semble ( mûrir, mourir, étonnante paronymie... ) Je suis plus affirmé. Au passage, il est bien périlleux de conquérir cette maturité à coup de coups plus ou moins dosés dans le corps et la tête. Quand ce n'est pas dosé, d'ailleurs, ça doit donner des caractères et des pensers malfoutus.

Il y a aussi ma définition du travail, que j'avais donnée, qui me semble à moi être particulièrement juste, et qui me revient sans cesse en tête : "ce qui caractérise vraiment un travail, c'est le sérieux, et un résultat impératif, et pour cela un effort, voire une douleur." Le temps que j'ai passé pour pas un rond sur cet écran à satisfaire je ne sais quelle chimère, à essayer de montrer les possibilités du fond voire de la forme un tant soit peu littéraire telle que mon infinitésimale et faillible personne osait se l'imaginer, c'est... ahurissant. Je n'ai cherché ni résultat précis, et quant au sérieux... c'est un sujet qu'il faut que je m'examine encore, si je puis dire. Je cherche encore les bénéfices que j'en ai tirés. Sérieusement. Il y a eu de très beaux moments. Ils sont tous morts, pfffuitt ---> dans le passé. La vie la joie le feu, c'est maintenant maintenant maintenant !!!

Et merde....

Quand j'ai cru que j'allais crever avec ma fièvre, j'ai comme incarné ma récente pensée la plus schématisée des choses : je ne pensais à rien, je sentais juste mon coeur battant, battant, d'un battement happé aussitôt par le grand vide blanc qui l'entoure, mais continuant à battre. La vie dans un bain de nihilisme. Un simple battement, répété, discontinu, face à l'Univers tout entier, insondablement noyé en lui . C'est à pleurer non ?...

C'est très éprouvant de ressentir ce nihilisme à ce point obsédant, et le voir abattre tous les efforts, abolir tous les progrès, trouer toutes les mémoires, et casser tous "les pas gagnés", selon la formule de Rimbaud, tout en sachant pertinemment que ce qu'on met dans ces pas est incertainement blanc-bleu ( c'est compliqué comme formulation je m'en excuse, c'est plus facile à écrire qu'à lire :), j'essaierai peut-être de l'améliorer ). Pour surmonter ce nihilisme étouffant, Edgar Morin, que j'avais cité ici, parle d'une connaissance entrenouée. C'est déjà très très élaboré... Personnellement, je ne vois que l'inexplicable présence de la vie pour contredire ce nihilisme universel.

Une autre petite réflexion que je m'étais faite, à propos de la vie : la terre. La terre, c'est de l'humus. L'humus, c'est la décomposition des êtres vivants de tous acabits, donc animaux et sans doute surtout végétaux, qui s'est entassée entassée entassée sur elle-même des millénaires durant.

Donc les plantes, qui nourrissent les animaux, poussent sur les cadavres de leurs ancêtres. La vie nait et grandit en se nourrissant de mort, qui plus est partiellement cannibale, si on donne un peu dans l'anthropocentrisme. En extrapolant joyeusement dans ce macabre et universel processus, on pourrait aller jusqu'à dire que ce sont les ancêtres végétaux qui se régénèrent sans cesse par eux-mêmes, comme les phénix.

Je ne sais pas où va ce texte. Où est le volant ?

La vie, pardon, donc. On doit bien pouvoir tirer quelque chose de cette propriété de la vie à défier le nihilisme du fait de sa seule existence, pour avoir moins le sentiment, de mourir, en étant contraints, de choisir, au final, un chemin unique.

....

 

:)

 

Rajout du 17 mai 2009, minuit 15 :

.bornes.