Il faudrait une sorte de grotte.
Virer le net.

Parallèlement je vois une sorte de mort.
Intégrer les techniques = mort.
Et puis mourir encore, en s'accomplissant.

C'est comme un filon le soi. Dieu seul sait combien il est long.
Il est peut-être très court. Il faut peut-être mourir plusieurs fois, à une cadence terrible, très destabilisante.

*

Je ressens les temps actuels comme un passage aux actes de ce qui fermente depuis des années.
Je ne parle pas que de moi.

J'ai toujours suivi les vagues. A l'écart.
Ce que je sens aujourd'hui, c'est une vague dans le réel.

C'est tout le point atteint : c'est maintenant, être.
Être, avec un goût de définitif, comme une série d'explosions.

*

Je me souviens d'un jour où je plongeais dans les vagues, tête en avant.
Je l'ai fait plusieurs dizaines de fois, jusqu'à en tituber.
Et puis j'ai arrêté. C'était raisonnable.
J'ai compris les mots de Cabrel sur la mer, quand il la décrit vide et têtue.

C'est comme ça qu'on vit pas trop mal : en étant raisonnable.
Je ne dis pas qu'il faut être déraisonnable.
A la rigueur je dirais qu'il faut le faire croire.
Mentir donc, en quelque sorte.
Comme beaucoup de ce qui est public.

Mais on ne veut pas mentir non plus.
Donc on est un peu foutus d'avance.

Il y a pourtant une sortie. Rude, isolée, sans mensonge.
Mais il faut s'affûter l'esprit et le corps. Pouvoir répondre.
Construire une sorte de blindage physico-social.
 

*