Je me souviens, on devait être en avril ou en mai, personne n'allait là-bas.
Il y faisait pourtant chaud cette année-là mais on s'y est retrouvé seuls.
J'y ai vu la folie, elle dansait en jouant sur un violon de sable.
Et il y aura toujours ce moment où tous les infinis sont possibles :
les visages en face à face, à ne rien dire, juste à s'observer les
expressions, comme quand je passais la main dans ta chevelure d'océan.
Le vent faisait pleurer tes deux soleils deux bonheurs.
Et puis courir, à balader Dieu témoin comme un cerf-volant, du rase-mottes
aux altitudes, courir, épuiser l'énergie tant qu'il y en a, puisque cet espace
peut tout accueillir, courir faire courir le sang battre des pieds aux neurones,
faire transpirer ce corps, cet hymne de vie où tout crève. Courir à s'en casser
les jambes, à s'en désarticuler déglinguer les mouvements des membres et du
corps tout entier, et toi qui hurlait tes sons distordus à en faire craquer la
psychologie des nuages, lézarder les cieux et les horizons de la vitesse,
mais rien, rien de mieux que ces yeux. Rien de mieux que ta tendresse,
mon coeur dans le tien, à sa seule et juste place...

Elle est retrouvée

Quoi ?

L'éternité.

C'est mon coeur allié avec le tien.


Qu'importent les contingences de ce triste réel qui se débat comme un noyé
pour atteindre le bras salvateur de l'inespéré, l'Amour, qu'importe le mille
milliardième évènement depuis l'aube des Temps et en tous lieux, qu'importe,
ils gravitent tous autour de ça, ici bas, oh mon violon d'âme, comme nous.

Et même, allons plus loin encore, ô à toi solitude désespérée, qui vit
sa chair comme une avanie perpétuelle, il y a, ici-bas, un coeur qui s'est déjà
promis à toi, il te connaît tu es son idéal de gentillesse, son pardon permanent,
son respect pour le seul fait que tu SOIS, en dépit de toutes les humiliations
et dominations sociales et autres conneries à deux balles. Tu ne le connais pas
mais il s'est déjà promis à toi. Tu le vivras un jour. Et quelque soit la durée
de cet instant génial de la Création, tu auras la preuve, tu sauras que tu étais
déjà aimé, même inconnu de l'autre, même la gueule au fond du trou. Les contigences après...
elles sont arbitraires, arbitraires...c'est de la connerie en barres tout ce réel
en dehors de ça, qu'il aille se faire, moi je t'aime, sur la plage, fictive.
Même disparus, le réel serait forcé de s'effacer lui même pour renoncer à cette
loi qui le façonne: nous. Amen. Alleluïa.