http://www.u-blog.net/blownblue/note/220

J'y ai écrit que l'égo était insondable.

Que les égaux étaient insondables aussi. Mais j'ai compris autre chose...

En fait,

C'est l'intime de chacun qui est vérouillé à quintuple tour, dans notre société. L'insondable évoqué, l'infini subodoré n'existe pas vraiment : c'est le centre de l'être qui ne s'ouvre pas. Inhibé de partout.

Et ici, sur les blogs, il se dévérouille enfin, plus ou moins, entre inconnu(e)s, au vu et su de tous, jusqu'au sexuel réel parfois. Quel que soit le dégré du "déverouillage", il y a bien-être. Enfin du bien-être !

Et là... grabuge...parfois... à plus ou moins long terme...

Cet intime, cette profondeur vitale de l'être qui se remet à voir le jour, à respirer, alors qu'elle est brimée et opprimée depuis des décennies, depuis les enfances, depuis des espoirs depuis trop longtemps moribonds, cet intime respirant à nouveau subit de plein fouet, et à nouveau, l'oppression et les brimades.

Le réel, le social, ont peur de l'intime car ils supposent à priori une sujétion de ses sujets pour assurer leur cohérence.

De l'autre côté, les individus sont assoiffés d'intimité partagée, communiquée aux autres.  Ces autres, si honnis, si vitaux.

Le blog permet l'incursion délicieusement illégale (tacitement illégale, par l'usage, par une manière d'être, inconsciente) de l'intime dans le social.

D'où une révolution larvée, car tentée par ceux qui en ont besoin.

Et je crois qu'on est quelques-uns, et unes, dans ce cas là...