Etant habitant du 93, le 9 cube comme on dit ici, et discernant parmi les nuages gris les fumées noires des incendies de voitures, de bus et d'abri-bus qui se déroulent à moins d'un kilomètre, je ne peux pas passer à côté d'une note sur les évènements qui affectent la banlieue de Paris depuis une semaine.

Il est 21h. Les pompiers défilent dans mon avenue, les CRS sont à 300 mètres des flammes, les pyromanes les attendent; les musulmans vont à la mosquée, encore quelques heures et ce sera la fin du Ramadan ; les consommateurs rentrent du supermarché et ramènent leurs courses à la maison; les bagnoles explosent; on entend comme des coups de feu; le courant est coupé par endroits; je sens la fumée âcre du plastique qui flambe ramenée ici. On regarde tout ça de nos maisons, on écoute la radio : pas de direct bizarrement. C'est surréaliste, le chaos côtoie la banalité du quotidien.

J'entends encore le vulpin Villepin à l'assemblée qui condamnera les fauteurs de trouble, et la réponse des intéressés ce soir.

J'entends encore le silence de Sarkozy ( tiens ). Comme celui de Chirac ( un autre genre de bruits et d'odeurs...) . Et les médias qui essaient de rectifier le tir sur les faits de l'incident de jeudi, après avoir fait preuve d'autant d'inexactitude que notre bien-aimé ( mais si mais si il est très populaire il paraît ) ministre de l'intérieur.

Demain matin comme ce matin on verra les dégâts. Froids. Peut-être encore fumants. Noyés dans la fourmilière qui s'en va bosser.

Et tout ça SERAIT parti d'un contrôle d'identité jeudi...

Un contrôle de l'identité... quel symbole...

 

Paix.