Je regardais la fille...
Elle était toutes les filles
Nous étions assis de 3/4 tournés l'un vers l'autre sur le canapé en tissu
Elle avait les cheveux bouclés, noirs, et le regard profond, presque grave; attentif...
il devait être 21h...

je lui ai pris les mains, j'étais tout près de son visage, juste à la bonne distance....
Elle était toutes les filles
j'inclinai la tête, la relevant juste de temps à autre, comme pour ponctuer le discours sur les moments importants :
"je regrette toutes ces années perdues.... à me battre, contre ma peur, contre la vôtre... si j'avais su la gentillesse éclairée que vous portiez presque toutes, je n'aurais pas eu la même vie... nous nous sommes faits mutuellement peur il y a bien longtemps, et tout le reste a suivi, conditionné sur cette même.... faille; si j'avais su mon dieu, je nous aurai aimé bien mieux... Maintenant le gouffre est à nos portes et je ne sais vraiment pas ce qu'il adviendra de moi; dans la pire des solutions, je me vois encore 4 ans sur cette terre; la malédiction masculine des 35-37 ans...et le contexte aussi, si inquiétant...  tout ce temps perdu à ne pas aimer comme il est si doux, si simple, d'aimer maintenant, mon dieu comme je regrette.... et la mort qui est peut-être si proche..."