Je rougissais encore. L'inconscient me fermait les portes de la douceur. Qui dit douceur dit sexe, désir, envie.

Combien de fois les peurs d'en face t'ont interdit de se laisser aller ainsi.

Tu comprends la vie c'est dur, c'est une lutte de tous les instants, faut être fort. La tendresse c'est une faiblesse.

Ça ne sert pas à gagner les marchés et conquérir les territoires.

Ce n'est pas ton sourire humain réchauffé à la soupe populaire qui te permettra d'élever tes enfants dans la dignité, de te payer ta maison, de te trouver un taf pour jeune qui n'en veut, de te dégotter une petite et de t'installer avec elle... ( silence réflexif ) ... non même pas ça... puisqu'il faut un minimum de confort matériel pour roucouler tu comprends. Ça se fait pas sous les ponts comme des bêtes, comme dans les nuits fauves.

( soupir )

La douceur...

Mon amie la douceur elle est contre ta peau, quand tu me comprends.

Quand on faisait l'amour, je n'ai pas rougi. Et je ne sais pas pourquoi.

Quand on passe sa vie à défoncer ses murs intérieurs,

on lutte pour que traverser ce mur immonde et atteindre la douceur, la paix , l'humanité.

On mène une sorte de guerre pour trouver son humanité.

C'est tellement... contradictoire.

Pourtant essaie la douceur, tu vas voir : à court ou encore pire, à long terme, tu te prendras la raclée de ta vie que tu comprendras rien. Y aura plus que la peur, les pleurs, la douleur pendant des lustres ou alors si tu réagis, la colère, le combat, la force, la maîtrise... 

Envolée la douceur...