Manifestation contre la guerre du Vietnam, Washington, le 21 octobre 1967


Rougir. Non de honte. Mais de conditionnement.

Tu n'as pas droit à la douceur, tu ne le savais pas. Tu n'as pas droit à la spontanéité de tes élans sexuels.

ll ne faut pas. C'est dangereux. C'est génant. Ça fait peur. Pas besoin de s'abaisser à cela pour se faire aimer.

J'ai dit à Panthère que je l'aimais bien. Barricadé derrière mon écran, j'en ai rougi. Pas de désir. Juste... troublé de me laisser à dire, simplement : je t'aime bien.

Ce n'est pas le sexe qui me fait rougir ( enfin si mais d'une autre manière :D ). C'est plutôt l'attachement, l'affection. Déclarée.

Je t'aime bien Panthère.

Je m'attends aux blindés, aux baïonnettes, l'espace d'un instant.

Je lui dis que j'en ai rougi. Elle rit. :)

Depuis, je considère le fascinant monde des nuances de l'affection...

Ainsi que mon histoire. Pourquoi cette peur récurrente de se faire trucider à la moindre inclination à la gentillesse ?... qui revient au galop comme le naturel...

J'ai bien mon idée... une histoire dans mon adolesccence... mais... ça doit être plus ancien. Comme intégré aux gènes, ou au coeur...

Où est l'origine de ma, de La destruction... ?

On n'a pas le droit aux élans d'affection... Il est là le conditionnement antédiluvien.

Pourquoi ce refus ? C'est la putain de mentalité catholique qui me met à genoux ? 

Quoiqu'il en soit, j'ai fait un pas. Essentiel.

Merci Panthère, énormément :)
 

TIENANMEN

Personne n’a oublié cette image : un jeune homme seul affrontant une colonne de chars et jouant une sorte de danse mortelle avec le blindé de tête. Quand l’engin essayait de passer à droit ou à gauche, aussitôt le jeune homme se précipitait pour le bloquer... Une danse mortelle, oui. Car cet audacieux manifestant a fini par être appréhendé. Et, selon toute vraisemblance, il a été fusillé séance tenante.
C’était le 4 juin 1989 à Pékin, sur la célèbre place Tiananmen. Le prélude à un massacre nocturne qui laissera sur le pavé plusieurs centaines de cadavres d’étudiants… Peut-être même des milliers. Un épisode sanglant qui vaudra à la Chine populaire d’être quelque temps mise à l’écart de la communauté internationale et de subir un embargo sur les ventes d’armes. Mais, les années passant et le commerce aidant, la Chine a recouvré sa place dans le concert des nations et, même si on n’a pas oublié l’image du jeune homme courageux, prêt à périr sous les chenille d’un char de l’Armée populaire, les instances sportives internationales ont par exemple confié à la Chine l’organisation des prochains jeux olympiques. Quant aux diplomates et aux industriels, ils sont chaque jour plus nombreux à faire le voyage de Pékin, tant il semble impossible, et surtout improductif, d’ignorer un pays et un marché de plus d’un milliard d’habitants !
Tiananmen est donc passé par pertes et profits et la politesse veut que les visiteurs n’évoquent pas ce sujet désagréable lorsqu’ils se rendent en Chine. Pourtant le sujet reste d’actualité, à l’intérieur même des plus hautes instances du parti communiste. L’ombre de Tiananmen n’est toujours pas dissipée et pèsera longtemps sur le destin de la Chine. D’autant que l’on sait ce que cachait la funeste décision de mater par la force la rébellion des étudiants. Et comment cette décision a été prise au sommet de l’Etat. C’est le sujet de ce nouvel et étonnant entretien avec Monsieur X. Selon lui, l’homme fort du pouvoir, Deng Xiaoping, est peut-être tombé dans un piège… A moins que ce petit homme subtil n’ait lui-même précipité les événements pour se débarrasser de quelques-uns de ses compagnons.