Je bois du porto. Blanc. A la maison.
Je suis tranquille. C'est samedi soir. Je viens de voir "16 blocs".
Je rédige une note sur rien de spécial.
Ma femme veut jouer au scrabble.
Je veux faire ma note.
Boire du porto.
Et jouer au scrabble complètement bourré.

Dans le monde il y a des enfants qui manquent de tout.
Il y a des tarés dans les élites qui spéculent sur je ne sais quelle folie de derrière les fagots.

On regarde la télévision. La une forcément. Dechavanne
Je pense à Leibniz.

Putain on n'a plus de glaçons.
Plus de glaçons = plus de porto.

je me casse la gueule dans la cuisine.

Cette foutue note sera comme toutes les autres, inaboutie, fragmentaire...

( soupir )

Ferait-on dans le culturel ?

Le blown s'écoute penser....

Quelques minutes passent. On joue au scrabble. Le jeu s'ouvre puis se ferme. On décide d'arrêter: trop chiant.

Je bois mon porto mis au congélateur tout ce temps. Je suis bien attaqué.
Je reprends ma note. Je me rends compte que j'adore écrire. A nouveau. Des mots des mots encore des mots. Un plaisir mental juste en créant des mots des phrases. Peu importe le sens, peu importe le but, peu importent les blocages de toutes natures. Ecrire. Longtemps. Sous tous les états. Toutes les émotions.

J'écris tout au présent. C'est voulu. Un reste de mon boulot. Toutes les phrases au présent. Le discours marketing tourne au présent. C'est sa drogue, son graal, sa défense et son attaque. Le présent est le temps de l'action. Le passé est passéiste, le futur incertain. L'instant en cours, en vie, en action, est rassurant...