"On peut définir l'expression comme une théorie générale des rapports ou de l'analogie."Mes énonciations sont universelles, écrit Leibniz, et conservent l'analogie" ( à Des Bosses ). L'analogie, tout à fait contraire à une certaine idée de la méthode comme ligne droite, semble bien être la clef de l'art général d'inventer, de l'ordre de toutes les choses multipliées que cherchait Leibniz; elle établit, en effet, des rapports de rapports, des modalités spécifiques de liens entre des éléments qui semblent au premier regard ou discontinus ou semblables : elle serait alors le moyen de vérifier la continuité - par le calcul infinitésimal, par exemple - et le principe des indiscernables. Or, l'analogie est un cas particulier, dans le cadre de l'expression : "une chose en exprime une autre... C'est ainsi qu'une projection exprime son géométral. L'expression est commune à toutes les formes, et c'est un genre dont la perception naturelle, le sentiment animal et la connaissance intellectuelle sont des espèces" (à Arnauld). L'expression, fondement du formalisme, possède une propriété spécifique; elle permet de parler des choses entre elles, de les comparer, non en seulement en quantité, mais en qualité : en fait, elle donne la possibilité de décrire avec précision leur place dans un système. L'analyse situs de même que le calcul infinitésimal, sont des logiques de l'intensité, et c'est là le privilège de Leibniz d'avoir avec le principe de variété (indiscernables) introduit, après les stoïciens et de façon plus rigoureuse dans la méthode de description des phénomènes, à côté de la quantité et de la grandeur, l'intensité et l'expression qualitatives. "D'où il n'est pas nécessaire que l'exprimant soit semblable à l'exprimé ( en grandeur ) il suffit qu'une certaine analogie de ses comportements soit conservée" (Quid sit idea). Prenons quelques exemples utilisés par Leibniz. Il y a expression entre une machine et son module; le module, règle de mesure, est un rapport de proportions; de même, la projection plane d'un solide ( "delimitatio in plano scenographica rei") exprime ce solide. De façon semblable, une figure est dans un rapport d'expression avec son équation, le cercle avec l'ellipse. ("Il n'est pas nécessaire que ce que nous concevons des choses hors de nous leur soit parfaitement semblable, mais qu'il les exprime comme une ellipse exprime un cercle vu de travers.") Le Quid sit idea dresse une liste réglée de correspondances et de leurs modalités, c'est-à-dire qu'on y trouve la règle formelle qui régit de la même manière des séries de phénomènes de nature différentielle mais que l'on a pu mettre en correspondance; on peut les classer dans une progression sérielle qui va du particulier au général : d'un côté, le rapport d'invariance est quasi nul, et l'on se trouve confronté à l'identité. C'est là une série, c'est à dire une échelle qui va du minimum au maximum, étant entendu cependant qu'une série est infinie "

(soupir) Je suis démoli quelque part. Je cherche à penser à nouveau correctement. J'ai oublié la foi. J'ai négligé la défense. Et tout s'est obscurci.
Quand quelque chose de psychologiquement fondamental s'écroule en nous, une des réactions instinctives possibles est de se replier sur les choses anciennes; on s'appuie dessus; mais la vie continue toujours, elles offrent d'autres scènes, d'autres espaces, mêmes si les choses passées demeurent. Et dans la nouveauté, il y a l'incertitude et la maladresse, mais aussi une sorte de pureté, de virginité, d'innocence sublime à voir, à en pleurer d'émotion qui déborde, et que la blessure a rendu, en nous, caduque. C'est d'autant plus difficile de se remettre dans les mains de cette nouvelle innocence là que la nôtre a été brisée.
Alors...
Alors, ce qui était autrefois naturelle, doit être construit, consciemment, pas à pas, sans forcer mais dans le respect à laquelle la logique, toute d'enchaînement entre les éléments de pensée entre eux, obéit.
Reconstruire une foi, une énergie...

Il est des profondeurs qui... attestent... d'un renouveau.













« La première signification de Vrai et de Faux semble avoir son origine dans les récits ; et l’on a dit vrai un récit, quand le fait raconté était réellement arrivé ; faux, quand le fait raconté n’était arrivé nulle part. Plus tard, les philosophes ont employé le mot pour désigner l’accord d’une idée avec son objet ; ainsi, l’on appelle idée vraie celle qui montre une chose comme elle est en elle-même ; fausse, celle qui montre une chose autrement qu’elle n’est en réalité. Les idées ne sont pas autre chose en effet que des récits ou des histoires de la nature dans l’esprit. Et de là on en est venu à désigner de la même façon, par métaphore, des choses inertes ; ainsi, quand nous disons de l’or vrai ou de l’or faux, comme si l’or qui nous est présenté racontait quelque chose sur lui-même, ce qui est ou n’est pas en lui. » (Baruch Spinoza, Pensées métaphysiques, 1ère partie, chap. VI, Gallimard, « La Pléiade », trad. R. Caillois. )