Je commence à être assez... obsédé, par la Loi, du fait de ce qui m'arrive au boulot.

C'est un domaine sur lequel je m'étais peu penché jusque là, ayant à peu près réussi à éviter les situations le nécessitant. D'ailleurs, je trouve cela plutôt sage, même maintenant, car mon dieu, que cela est ... sec, quand ce n'est pas âpre...

Ça m'obsède car je me rends compte qu'en société, la Loi est partout. C'est elle qui règle les litiges.
D'ailleurs à ce titre, une petite digression : étant donné que nul n'est censé ignoré la Loi, on peut se demander naïvement comment les litiges peuvent apparaître puisque tout le monde est censé savoir les éviter. Ce serait bien sûr escompter que tout le monde est de bonne foi, ou parfaitement et égalitairement réactif, en intuition et en savoir, au milieu factuel dans lequel ses actes, et les actes des autres et des choses intéragissant avec lui, ont lieu.

La Loi est partout. Elle a mis des règles sur tout ce qui existe.

C'est un bon business d'ailleurs. Il y en a beaucoup qui en vivent. Pas comme le quidam moyen ( oh l'imbécile qui l'administré du mois jamais ne deviendra ) qui vit d'autre chose. Mais le quidam moyen vit aussi de règles. Partout tout le temps, des régles régissent son travail, son argent, sa vie de couple, son statut parental, ses loisirs, son langage, son corps, sa voiture, sa maison, sa circulation sur la voie publique, ses relations avec autrui, etc etc...

A tel point que c'est à se demander si la matière elle-même n'est pas QUE lois. Les physiciens s'accordent plus ou moins sur le fait que les composants ultimes de la matière sont les supercordes. Les supercordes ce n'est presque plus de la matière. C'est une vibration du milieu ambiant, à échelle infime, quantique. Une théorie d'unification des 4 forces physiques fondamentales aussi. Un modèle d'unification des forces vibratoires. Bourré de règles de maths à défaut de pouvoir le vérifier expérimentalement.

Des règles de maths donc, en guise de matière. 

Des lois quoi...

Tout pourrait n'être perçu, par l'intermédiaire de la connaissance qu'on a des choses, que comme forces et lois intéragissantes. du quantique au cosmologique en passant par la réalité perceptible par notre corps, à échelle humaine, ainsi que tous les degrés de grandeurs intermédiaires ( atomes, cellules, galaxies, super-amas, etc. ).

Tout un conglomérat de lois... socio-physiques...

Cette petite réflexion métaphysique passée, eu égard aux récents évènements de ma vie professionnelle,  l'objet de mon obsession actuelle se porte plutôt sur les lois dans les relations sociales. Car en fin de compte, qu'est ce qu'une loi si ce n'est un point d'équilibre défini par une société d'êtres humains pour en régir la vie de manière équitable. On pourrait peut-être l'étendre à toutes sortes de groupes d'êtres vivants, voir même peut-être de choses, mais ce n'est pas mon propos. Restons dans l'humain.

Un point d'équilibre défini par une société d'êtres humains pour en régir la vie de manière équitable, et raisonnable, dans un contexte donné.

Ayant été quelque peu habitué ces dernières semaines à faire attention au moindre geste ou parole, je me retrouve en train de conduire à faire attention à tout.

Toute situation partant légèrement en vrille peut éventuellement donner lieu à un différend juridique.

Ça me fait penser aux Etats-Unis. Avec leur judiciarisation poussée jusque dans des retranchements qui laissent songeur...

Ou aussi à Matrix, où la matrice serait le grand juge, comme Dieu, et où les humains ne seraient que... ensemble de lois intéragissantes.

Les livres de lois sont nombreux ( 60 dans la liste suivante ) , épais, écrits en petit et dans un langage ésotérique des plus... sujets à interprétation. Et cette liste ne mentionne pas par exemple les 257 conventions collectives accompagnant le code travail. :D ( la sainte complexité, ce troisième infini, si peu connu )

Nul n'est censé ignoré la loi, mais les psychologies s'y retrouvent, avec leur failles et leurs montagnes. Les statuts sociaux s'y confontent. Il s'y met en jeu les caractères, les moyens financiers, les éloquences, les connaissances de la procédure juridique, les preuves.

Le monde de la preuve est d'ailleurs un domaine de réflexion assez... destabilisant... en droit ou ailleurs...

Ensuite il y a les argumentaires portant sur les preuves. Et dans le pire des cas on peut se retrouver dans des espèces de combinatoires de la logique aussi tordues que celle de Godel ci- dessus : ceci implique cela, oui mais c'est en contradiction avec tel ou tel article qui stipule que ceci ou cela, et si vous ne prouvez pas vos dires, ça se retourne contre vous et vous devez PAYER. Paie mon ami, tu te sentiras plus léger.

Sans compter toute la comédie humaine et sociétale du traitement d'un cas de litige ou d'un fait délictueux ou criminel. Tout le théâtre judiciaire...

Je me dis souvent que la justice est arbitraire, et on peut quand même reconnaitre qu'il y a de nombreux paramètres qui font que cela peut encore être bien vivace...