Nous avions dégainé la lune,

Elle plaçait des discours fleuves qui couraient jusqu'à ma tête en cinéma,

Des rires déguisés se propulsaient dans la marge, âpre déplaisir du contextuel contact,

Il n'y a rien,

Rien...

Combien d'envols d'albatros s'écroulent dès le début, flingués dans les planètes en hydres, en hydres de nécessité...

Il y a des pouffiasses qui dégainent et dégainent pognon sur ennui, il y a moi qui tient comme un chien dans l'arène, avec les crocodiles de vagues et les soupçons abrutis.

J'essaie de dissoudre un peu le métal, parce que les machines n'auront pas besoin de nous.

Il y a les plans aussi. Que les plans servent à torcher le cul des pachydermes qui dégueulent leur chiasse noire sur le respect des peuples. Sur leur confiance et leur espoir.

Des coups de pagaie dans le vide, dans le vide de la destruction complète de l'esprit critique, champs de bataille atomisés, groupes lents qui pensez, qui savez tant, qui avancez si peu.

Il faut creuser tant et tant, avec des tentacules qui sortent des orbites pour aider à la tâche, que des surgeons d'antennes naissent en crachant des acides bouffis de zooms divers, frelatés d'interférométrie muante, maladroite, déconstruite, troquée contre des cimetières de vols planés, près des espoirs que font les rêves quand ils accouchent les uns des autres dans une industrie qui bande hystériquement ses sortilèges, trucculents et colorés par les poncifs humiliant par millions chaque seconde ces milliards et milliards de neurones qui bèlent... bèlent... lâchés dans les navettes épuisées de l'espace économiquisé.

Ta présence est à vendre, mais elle est aussi à payer. Tu n'as pas le droit de rester là gratuitement, sans bouffer un peu du monde pour le recracher sous n'importe quelle difformité.

Le monde est une dictature de la retransformation par les retransformations.

Des systèmes qui s'entr'engendrent, qui s'entr'accouchent. Tératologiquement ou pas, ce n'est pas le problème.

Ça n'a pas de tête, comprenez-vous. Et le temps de s'en apercevoir, je crois que le coeur décède. D'ailleurs je crois qu'on l'a enterré l'autre jour, notre coeur, avec une indifférence  des plus... sidérales. Je sais ce que je dis.

Enfin bref, tout ça n'a pas de solution non plus, c'est une absurdité complète. On blame les déviances qui fusent en tous sens, mais bon... elles s'expliquent...

Je me rappelle Casque d'or, avec Reggiani et Signoret. Cette dureté des rapports humains. Cette verdeur des vérités et des mauvaises fois qui se jettent à la gorge des unes et des autres. Faut les encaisser ces humanités extrêmes qui couvent dans la pauvreté, moi je vous le dis. Je vous le dis moi, nom d'un coeur méconnu. Conscience de ceci ou de cela, pas conscience, tout se mélange c'est de l'impro complète, de l'acid jazz qui peut glisser dans une cruauté dégénérée si facilement que ça rend n'importe quel glaçon paranoïaque.

Il y en a un chez nous là, il s'est acheté un piano avec des touches de peurs diverses et avariées. Il fait ses gammes pour le moment. Il va nous faire une série de concerts mentaux à partir de janvier. Fils de pute.

Il y a des îlots d'humanité un peu partout ailleurs, des sommités dans leur art. Des choses si belles qu'elles font pleurer.

Une fragrance s'est perdue, survivante, pour recharger un souvenir dans une mémoire confuse et industrieuse...

Et puis il y a la marche, infinie...

INFINIE !