Cette expression me rappelle une histoire que j'ai vécue.

J'étais étudiant, je voulais m'acheter la basse que j'ai actuellement. Comme à l'époque, je n'avais pas de carte de crédit ( expression qui veut tout dire en passant ), mais seulement un compte où je pouvais aller retirer des sous en me présentant devant un guichetier humain, je me retrouvais dans l'obligation d'avoir cette somme sur moi.
La basse et l'ampli coûtaient 3000 francs.
Je retire donc cette belle somme en espèces sonnantes et trébuchantes ( encore une expression ) et je me retrouve dans la rue avec 3000 balles en liquide dans la poche gauche de mon blouson.
J'étais à pied et il me restait un bon bout de chemin à parcourir avant d'arriver à ma piaule.

A mi-chemin, un clodo buriné qui marchait vers moi me parle et me demande une pièce.
Je cherche dans les poches de mon futal, je trouve une pièce et je lui donne.
Là-dessus il discute. "J'ai été jeune aussi tu sais.." Et patati et patata ( qu'est ce qu'on écrirait sans les expressions)
Puis il me prend dans ses bras. Il ne sentait pas l'hygiène méconnue de la baronne de Rotschild mais c'était supportable. Et quand j'y repense là, 13 ans après, lui m'a pris dans ses bras. Cette chose anodine et passée sous le silence des lumières violentes et érotiques du populaire divertissement télévisé actuel, pour laquelle certains et certaines crèvent par manque, lui me l'a donnée, même si à l'époque je n'en ressentais pas le besoin comme parfois maintenant.

D'ailleurs, ça me rappelle autre chose : le film "Collisions" commence sur un discours d'un des personnages sur ce toucher qui manque si cruellement au habitants de Los Angeles, séparés par leurs murailles "de verre et de métal" comme il dit, comme celles des buildings ou de nos voitures ( quid de celles des ordinateurs... :) ?) Et le toucher manquant si violemment, le seul moyen pour le retrouver encore est de se rentrer dans le lard, physiquement, verbalement, émotionnellement.
Personnellement, ça me fait pas mal cogiter ce truc-là.

Puis mon clodo affectueux me laissa poursuivre mon chemin, me saluant avec le sourire.
J'avoue que 30 mètres après, j'ai eu un tilt : "Et s'il avait profité de cette étreinte si humaine pour me dévaliser mes 300 sacs ?" Vérifiant la chose en quatrième vitesse ( ah ces expressions pré-mâchées-pensées ), je me dépêche d'aller palper l'existence des billets au fond de la poche de mon blouson. Mon zomblou...
Soulagement, ils y étaient.

Et s'il avait su...?...

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Sinon je pars quelques jours, je reviens dimanche soir probablement...
Bon week-end ( expression encore )
Bisous à toutes et tous, prenez soin de vous ( c'est important dans le cadre de la négativité entropique qui dégrade tout ce que nous sommes )
:)