La situation problématique est la suivante.

1) Nous avons moi, qui rampe depuis ma mise en service sur le circuit de la vie active il y a 12-13 ans, et ce malgré deux BTS.

2) Le contexte, lui-même divisable en 2 parties :

  1. La théorie :  Nous vivons, ici en France en 2006, dans un système démocratique, républicain, "méritocratique", qui fonctionne en principe notamment sur le suffrage universel direct, avec à sa tête les trois pouvoirs séparés, éxécutif, législatif et judiciaire.

  2. La pratique : j'ai la forte impression et conviction que le système est oligarchique, ultra-libéral, financièrement basé sur la domination d'un ensemble militaire, économique et culturel, qui ne laisse aucun autre choix à l'individu lambda que de servir ce système. A moins qu'il ne soit complètement anarchique.

 

Partant de là, le voyage par l'esprit dans le monde des idées théoriques commence. Monde contradictoire, trop grand pour l'esprit, perpétuellement redéfini parce que les idées s'entre-produisent en permanence, donc âprement disputé et discuté, souvent affligé du nom de propagande et de parti pris, et franchement, je me sens autorisé à dire qu'il nous échappe complètement, à la fois dans son ensemble et dans son détail.

C'est très grave d'ailleurs car toute faille de l'esprit ( c'est valable aussi pour toute limite du corps ou de la psychologie ) est potentiellement soumise à conquête ou exploitation par autrui et par les choses, mais malheureusement inévitablement réel.

De l'autre côté de la vie, la pratique demande des décisions, des points d'appui pour agir. Elle demande de trancher. Et pour trancher on n'a pas d'autre choix que d'arrêter, en esprit du moins, la course folle de la redéfinition à un instant t.

Relativement à la problématique évoquée ci-dessus, qui consiste à essayer de comprendre ma propre situation professionnelle dans le contexte économique et politique où je vis, étant donné qu'elle me cause tant de tourments depuis si longtemps, errant comme d'habitude les infatigables couloirs du labyrinthe de mes pensées, je me suis demandé quelles étaient les lois économiques qui nous régissaient. J'ai cherché "lois économiques" dans Wikipedia et je n'ai rien trouvé. Me rappelant une phrase de je ne sais plus qui, entendue à la radio, qui disait que nous vivions dans une économie de marché, je cherche donc donc "économie de marché". Il y a un article, qui commence ainsi : "Une économie de marché est un système économique qui s'organise autour du marché et qui repose principalement sur les lois du marché, notamment celle de l'offre et de la demande, pour réguler les activités économiques."

Je vois "lois du marché" en lien rouge, ce qui indique que l'article sur ce thème n'existe pas et qu'il est à faire. Je vois ça et je me demande, au fait, c'est quoi les lois du marché ?

Je demande alors à Google : "Lois du marché". je clique là : uqac , puis là : Elie Bernard, lois du marché. Outre le fait que c'est un article de 1996, écrit par un professeur d'économie québeccois qui critique les abus et la mentalité du marché, je lis, paragraphe 2 : "Qui est le Newton économiste qui a formulé cette loi ? Il faut remonter au Kepler des économistes Adam Smith (1723-1790) avec sa parabole de la « main invisible », puis à Léon Walras qui codifia les lois du marché, à la fin du XIXe siècle."

"...Léon Walras qui codifia les lois du marché...". Les lois du marché sont donc codifiées. Intéressant, je cherche donc la codification. j'arrive là : Walras, qui met en équations un libéralisme mondialisé, auto-régulateur de son propre équilibre général...

La réelle prise de tête commence ici. La codification mathématique des lois du marché par Walras en 1874 ouvre une histoire de la mathématisation de l'économie globale ( affublée des qualificatifs non négligeables de "libérale et concurrencielle" par la théorie elle-même ) qui se poursuit encore aujourd'hui, 132 ans après. Outre le détail du contenu qui offre des développements qui laissent songeur et que j'exposerai très probablement plus tard, je suis parvenu à une impression étrange. Celle d'une... mathématocratie si je puis dire... comme si les maths économiques avaient pris la place de Dieu. C'est assez horrible à y penser, mais le système fait tellement souffrir par son inhumanité irresponsable, régule tellement tout ce qui permet de matériellement fonctionner que... on est en droit de se poser la question...

Merci de votre attention.