Acheter un taf. Le vendre, le réparer, etc...
Considérer un boulot comme un bien de consommation plus ou moins durable.
Comment on achète ça ?
D'abord on cherche les magasins qui en produisent.
Les magasins qui en produisent. Qui en produit et comment et pourquoi ?
Supposons qu'on en trouve un à vendre.
Comment il se paie ?
En compétences, savoir, savoir-faire. Il y a une technique.
Et puis il y a la personnalité de l'être qui veut acheter.
Car acheter un taf, c'est acheter un bien particulier.

C'est le payer en actes et pensées pour achter de l'argent, et disposer ainsi d'une pompe à fric acceptable qui pompera dans le grand système mathématico-financier du monde. Durant une durée limitée. C'est presque une location d'endroit gestuel et empirique qu'il faut faire du mieux possible, ou dont il faut convaincre qu'on peut faire ce travail le mieux possible.

C'est acheter une obéissance à quelqu'un aussi.
Dans un contexte particulier qui est celui d'une entreprise.
Entreprise qui propose une fonction à l'intérieur de son système, voire de ses locaux.

Vous n'êtes pas forcément le seul acheteur non plus.
Un boulot, sur lequel on a certaines exigences qui plus est, est quelque chose de rare. C'est une ressource rare.
Le terme ressource rare me fait penser à la définition de l'économie par Raymond Barre telle que je l'ai lue dans wikipedia :

L’économie, en tant que discipline, est une branche des sciences sociales qui étudie l'allocation des ressources rares à des fins alternatives. Autrement dit, selon Raymond Barre, économiste, « La science économique est la science de l'administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l'aménagement de ces ressources; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités ».



Mais ce n'est pas tout. Cela c'est ce qui se passe dans une économie de marché.
Marche dans le marché, ou crève salope, tu peux pas te passer de nous, on tient tout : le territoire, les ressources, les banques, les rêves, les hommes, la force, et la justification morale. Et à tous les niveaux, de l'individu au monde, en passant par tous les degrés intermédiaires. Mais viens nous aider à consolider notre empire, on a besoin de bras, de cervelles et de couilles. Et si tu coopères bien, tu auras un petit bout de l'empire. C'est ça le mérite mon gars, et faut bosser pour ça. Et pas 35 heures par semaines, pff, le double.
Dans une économie de don ( oui il existe d'autres types d'économie que l'économie de marché, elles sont juste marginales : La deuxième économie, l'économie sociale, représente seulement 10% de l'économie globale, et quant aux autres, elles sont arriérées, obsolètes, ou anecdotiques), dans une économie de don, ce serait différent. Tu serais volontaire. Pour le bien de la communauté.

Digression : La poète doit s'emparer du champ économique. Il a en a le droit et le devoir. Oh pas pour sa poésie, non, pour la connaissance de l'âme humaine.
Et même si on n'y connait rien au départ, ceux qui nous laissent à la porte de l'église du grand savoir poétique en se foutant de notre gueule se tirent une balle dans le pied. On a le droit de discuter, même si on n'y connait rien. Comme on peut faire des vers, sans avoir lu les upanishad ou les grands auteurs. Un poète digne de ce nom ne se moquera pas de la poésie de l'enfant.















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