Nous ne nous apesantirons sur nos soucis techniques locaux. Il est juste très mauvais signe que je retrouve une pêche d'enfer dans un contexte aussi végétatif. Mais passons.


Compo 158
Dans toutes ces trajectoires de tous, où nous mourrons sans avoir aperçu les fragments d'une vie d'un autre, lui aussi ayant souffert, hésité, ri, et atteint quelques pépites du sortilège vital, touché par je ne sais quelle configuration psychoculturelle. J'interromps la phrase : j'aime bien l'inachevé.

L'important est d'avoir une idée de son idéal, le reste suit. Mais le reste suit s'il est pris en compte dans cet idéal.

Cette phrase fondamentale de vie mise en exergue, je m'étale.

Le métal mort mord, soit dit en passant.

Grande innovation : je devrais te parler de toi, lancer mon coeur comme un saut du corps dans le vide vers l'autre rive.
A bien y penser, ça, c'est déjà fait. Le vide, ce sont mes mille premières notes, ou bien les neuf mois de rien qui viennent de passer. C'était le saut.
Considérons donc que je suis déjà sur l'autre rive.
Ou alors sur le point d'y être. J'atterris quoi.

Imaginez un peuple quasi mort de blogs qui ne parlent que des autres bloggueurs, ou mieux encore, des autres humains qui ne blogguent pas, pour étendre le concept, hein ? faisant ainsi tout le contraire des égotistes que nous fumes jusque ici.

Parler des autres...
Pas simple cependant.
Il faut de l'amour dans le coeur face à la vie pour ça...
Je ne sais plus. N'avais-je point d'amour ? Pourtant si... enfin... pas toujours.
Et si je te parle de toi, frère, soeur, j'arrive en butte sur un des pics philosophiques où la Nature elle-même s'échoue : la notion de sujet. Et je dirais même : la notion de sujet individuel. Je ne peux pas te parler de toi : je ne suis pas sujet en toi.
Tout ce qu'on a pu faire jusqu'à présent, c'est parler de soi, et espérer que tel ou tel finisse par y trouver peu ou prou de points commun, au moins suffisamment pour permettre les liens, les atomes crochus dont on finit par épouser le corps, social ( ça y est je suis encore parti ).

En passant, il m'est venu une phrase tout à l'heure, euh non, hier, hier soir, oui donc tout à l'heure : Mon corps social a traversé des millions d'années. Je l'exploiterai peut-être une autre fois.

Je reviens à nous : on n'est pas sujet en l'autre.

Par contre, une phrase déformée entendue dans un état semi-somnolent, ajoutée au fait que récemment j'avais abouti à la conclusion que le sens de la vie ne se fait que dans le partage avec l'autre, dans une sorte de mutualité, de phase, de synchronisme, me fait consciemment penser aujourd'hui que le sujet ne s'établit qu'en cas de contact entre deux personnes, qui sans l'autre, ne sont pas des sujets. Elles ne sont rien pour soi.
Dans le cadre du blog, c'est le rôle éminent des commentaires.
Comme je l'ai dit en d'autres moments, les commentaires ont changé ma vie. Réellement.
Mais il y a souci. La désaffection actuelle des blogs, surtout sur cette plateforme, désaffection que je sens profondément sans que cela soit conforté par des preuves statistiques, prouve, elle, que cela fut illusoire, ou incomplet.
Il faut faire mieux.

Je nous laisse chercher.