Nous y voilà. La millième.

Samedi 9 décembre 2006, après plus de deux ans d'activités, et bien des mésententes et des délires profonds, nous voilà au discours d'adieu. Ou presque : il me reste encore une note à faire, mais je ne la ferai que dans un an. Peut-être.

Je clôture les comms, j'ai une certaine lassitude énervée qui fait qu'il y en a qu'il me sera pénible de lire alors pas de cris, pas de douleurs, le silence; le silence est comme le désert : propre, comme dirait Lawrence d'Arabie. Je termine, je quasi-termine donc, bizarrement. Presque comme j'avais commencé. Il y a un goût d'échec là-dedans. Ma première note s'appelait "Rien". Je pourrais le redire aujourd'hui; épanadiplose. Entre les deux, une sorte de tout. Souvent, l'image métaphorique du désert m'est venu à propos du blogging. Dans le désert, comme je l'ai entendu de la bouche d'un cinéaste au cours d'une de mes nombreuses et incompréhensibles complètes nuits blanches récentes : malgré notre petitesse réelle, l'on s'y sent immensément humain. Dans le vide, l'inamovible vide, l'humanité que l'on porte se déploie énormément. La mienne est donc dans ce blog, ce n'est pas rien. Juste un peu plus que le rien :)

J'avais prévu des choses après ce blog mais je crois que je vais quasiment disparaître, à part 2-3 points d'entrée discrets ici et là, que les habitué(e)s connaissent, et quand on cherche on trouve, parfois :)

Il y a des personnes, rencontrées ici, qu'elles se rassurent, ou pas, malgré l'ambiance douce-amère ci-dessus, je reste en contact et accessible, et rien de ce qui est engagé, en l'état où c'est à ce jour, à cette minute, n'est remis en cause. La pointe d'amertume vient juste d'un ensemble de choses, d'une sorte de somme de ce mélange humain-machine-monde-soi qu'est le blogging pratiqué sur un long temps, et cette somme a quelque chose d'humainement intenable pour qui était déjà décalé au départ.

Tout le monde partira. Même Six Apart.

J'aurais sans doute bien d'autres choses à dire, à conclure sur ces deux ans, mais tout est déjà dans le blog, il n'y a qu'à s'y balader, entre les notes, les commentaires, les liens et les articles.

Certains se diront que j'aurais peut-être du mal à m'en passer, et que je reviendrai. Tout ça est si insignifiant. Je crois qu'il est temps d'en finir, d'en quasiment finir donc puisque je reviendrai, peut être donc, dans un an. Il est temps de se libérer la tête.

Un mot encore. A contrario de Piaf qui chantait si bien qu'elle ne regrettait rien, Léautaud a écrit un jour : "je regrette tout"; c'est la parole des infortunés qui ont raté beaucoup de choses. Je la fais mienne ici.

Mais malgré tout ça : Un énorme merci à tous, et surtout à toutes. Je ne suis pas prêt d'oublier tout ce bordel.

A Jésus :)

Allons en paix. Amen.

:)

 

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9 juin 2007, réouverture des comms.

23 juillet 2007 : ailleurs le néant est dur, presque cruel, ici, il est devenu médiocre.