Humble collection littéraire ubloguesque arrachée aux heures.. <<-- Cliquez. Cliquez... quitte à faire dans le pathos, ou à la frontière du pathos, dans cette collection de 46 ( 2x23, pour un blog dont le "sous-nom" était 23h23, c'est bizarre; pas fait exprès promis ) 46 textes, faite au hasard des lectures, il y a une sorte de condensé de ce que la communauté exprimait de vérité d'elle-même et de moi, puisque c'est moi qui les ai sélectionnés, suivant des critères difficilement explicables mais le seul qui les résume, c'est d'avoir été touché, par l'émotion ou par l'invention, à un moment donné.
Ces textes des autres, ( d'une partie ) de mes autres si vous me le permettez, s'étalent sur un peu plus de deux ans, de mars 2005 à juin 2007. Ressentis et idées d'une fraction humaine qui s'est laissée aller à s'épancher sur son intimité intérieure, comme des cadeaux dont la somme est une sorte de profondeur sans fin qui s'explique difficilement, qui se ressent, qui s'intériorise avant de pouvoir en dire quoi que ce soit, comme nous le faisions en enchaînant nos milliers de notes s'inter-influençant les unes les autres et nourries d'un ailleurs à jamais impensable.
Je viens d'en relire une partie, effleurant ce soleil étrange. Etrange comme mon coeur qui se mirerait dans un miroir construit par les autres sans qu'ils aient voulu ou su qu'ils en faisaient un.
C'est inestimable non ?
Maintenant, c'est presque un deuil du coeur. Un beau tombeau.
D'autant plus tombeau que ces relations, au point où elles en étaient alors, ont aujourd'hui pour beaucoup disparu, par ma faute, par celle des autres, par la constante anthropique du départ aussi, par l'insalubrité du contexte, par la défaillance des idéaux dont le relief, révélé par le temps, a eu parfois quelque âpreté ( rédhibitoire ? )...
Il en reste d'autres qui survivent encore, mais changées, inévitablement, parce qu'on évolue, sans cesse.
Ce qui est extraordinaire en un sens, c'est que cette plateforme, au moment où j'ai commencé mon blog en elle, en novembre-décembre 2004, était déjà prévisiblement, pour les initiés, sur le point de mourir. Simplement moi je ne le savais, et je suis allé dans ce lent effondrement avec l'enthousiasme d'un adamique Blownblue qui retrouverait le paradis, et une identité autre, virtuelle, bien décidé à jouir de la fête.


Fête mortuaire, contextuellement, donc. Nous avons enfanté une forme d'amour collective involontaire dans un contexte à la mort programmée, d'abord en l'ignorant, donc dans un sentiment de vivante éternité, puis en le sentant très fortement. C'est le cas aussi en un sens dans la réalité. Surprenante similitude avec le réel...
Vers la fin je n'en pouvais plus de voir les choses se dégrader, j'ai fait une longue pause. Remis quelques notes en août-septembre, ce mois ci donc, qui n'étaient quasiment plus lues et surtout partagées, et puis là la fin. Je n'étais pas au début mais j'étais à la fin. C'est toujours étrange d'être à la fin de quelque chose.


Imaginez, moi qui écrit régulièrement depuis 18 ans, si je venais à disparaître aussi, il ne resterait publiquement de moi plus que ça, cette page-là, moi fait des autres et d'un zeste de moi ( un de mes textes, un seul, se trouve dans ce florilège ). Ce qui est génial, c'est que ça suffit, pas besoin de s'étaler sur moi pour donner une image fidèle : les autres y parviennent très bien.
On devrait l'éditer tiens. Le remettre en forme et puis l'éditer. C'est nous et moi. Comme un fragment d'hologramme, qui peut restituer toute l'image ( une partie d'un hologramme cassé en mille morceaux a la propriété de restituer son tout, mais seulement sous son angle particulier, donné par sa position dans ce tout au moment de la prise ) mais sous un angle qui m'est propre donc.


A ce que nous-je étions alors, ingrédients improbables d'une alchimie au départ insoupçonnée, je dis merci, merci pour tout.

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